Des dizaines d'arrestions après des troubles dans le sud du Yémen
SANAA - Les autorités yéménites ont procédé mardi à des dizaines d'arrestations, dont celles de dirigeants de l'opposition, après que des habitants du sud du Yémen eurent manifesté contre le refus de leur incorporation dans l'armée, selon leurs familles.
Lancée à l'aube dans les provinces d'Aden, de Lahj et d'Addali, dans le sud du Yémen, la campagne d'arrestations a touché des activistes soupçonnés d'avoir animé les dernières manifestations, dont des dirigeants du parti socialiste yéménite (PSY - opposition), a-t-on ajouté de mêmes sources.
Parmi les personnalités interpellées, figurent Ali Mounassar, membre du comité central du PSY, le député socialiste Nasser Al-Khobbaji et Hassan Baoum, un militant du même parti, a-t-on ajouté.
Ces arrestations, confirmées à l'AFP de sources proches des services de sécurité, font suite à des troubles ayant marqué des manifestations organisées dimanche et lundi dans les villes d'Addali et Habilayn, situées respectivement à 246 km et 280 km au sud de Sanaa.
Les manifestants, qui avaient brièvement bloqué la route reliant Aden à Sanaa, protestaient contre le refus, selon eux, de leur incorporation dans l'armée. Ils avaient répondu à un appel de recrutement lancé par les forces armées.
Des renforts militaires ont été déployés autour de certains sites sensibles dans les régions qui ont connu des troubles, où la tension était encore vive mardi, selon des habitants.
Le PSY a confirmé dans un communiqué l'arrestation de plusieurs de ces membres, accusant le gouvernement de vouloir "terroriser les meneurs de ce mouvement de protestation pacifique".
Le parti d'opposition a réclamé la libération immédiate des personnes interpellées, assurant que les manifestations pacifiques se poursuivraient.
En réponse, le gouvernement a accusé des "éléments subversifs" d'être responsables "d'actes de sabotage et d'émeutes" dans le sud du pays, et d'avoir "attaqué des personnes innocentes et endommagé des biens publics".
Les autorités ont "donné l'ordre aux services de sécurité et judiciaires de prendre des mesures dissuasives contre ceux qui provoquent les émeutes et la sédition". Le gouvernement ne tolèrera pas d'actions destinées à "nuire à la sécurité, l'unité nationale et la paix sociale", a-t-il ajouté.
A l'automne dernier, une centaine de personnes avaient été brièvement interpellées à Aden lors d'une manifestation organisée par des retraités du sud du Yémen réclamant une aide pour plus de 60.000 personnes, dont des militaires, qui disent avoir été forcées à prendre une retraite anticipée.
(©AFP / 01 avril 2008 19h49)